La fédération du BTP du Finistère dénonce la concurrence déloyale des travailleurs détachés

Si le recours à des travailleurs détachés est légal au sein de l’ultra libérale Union Européenne, il n’en constitue pas moins une concurrence déloyale selon les professionnels qui sont directement impactés par le phénomène. La fédération du BTP du Finistère en a assez.

La filière du BTP principale victime des travailleurs détachés

La fédération du BTP du Finistère annonce des chiffres alarmant depuis plusieurs années sans que les élus ne s’en émeuvent plus que cela. Ces derniers préfèrent relativiser et prôner les bienfaits de l’Union Européenne.

federation btp finistere denonce concurrence-deloyale travailleurs detachesFaire face à des entreprises qui ont recours à des travailleurs détachés est très difficile car ces dernières payent leurs charges sociales et fiscales à l’étranger et profitent de conditions bien plus favorables.

En plus, les entreprises qui font travailler des travailleurs détachés sur des chantiers français sont souvent en infraction avec la loi et font travailler leurs salariés trop longtemps et en les payent trop peu par rapport à ce que prévoit le droit français.

Le reportage de Cash Investigation l’illustrait à merveille sur le chantier d’un l’EPR d’EDF où des milliers d’ouvriers se relayent et dont une bonne partie sont des travailleurs détachés dont les employeurs sont totalement hors la loi.

Cette concurrence déloyale tue alors les ouvriers français, les CDI et bientôt les entreprises françaises.

Jean-Charles Le Borgne de la fédération du BTP indique « un coût moyen horaire compris entre 25 € et 35 € en fonction de l’éloignement des chantiers » pour les enterprise françaises alors que des entreprises étrangères faisant ayant recours à des travailleurs détachés parviennent à « un coût horaire moyen de 13,70 € tout compris ».

Des pertes d’emploi en masse en raison de cette concurrence déloyale

Selon la fédération bretonne, 5000 emplois ont été supprimés dans le secteur du BTP dans le seul département du Finistère depuis 2009 en raison des travailleurs détachés.

En conséquence, les centres de formations du département se vident (2 500 personnes pour 3 500 places).

Le BTP du Finistère ne survit plus que grâce aux subventions alors qu’ils préfèreraient vivre de leur travail.

Les professionnels du BTP ne sont pas les seuls touchés : agriculteurs, éleveurs, producteurs de lait…

Claudie Queffurus, directrice générale adjointe du pôle Ressources de Brest Métropole Océane (BMO) minimise le phénomène et indique que les prix proposés en réponse aux appels d’offres ne sont qu’une part des critères de sélection :
« Les 60 % restants reposent sur des critères techniques (organisation, qualité des intervenants et des matériaux, mesures en faveur de l’environnement, etc.). »

Mais en réalisant des économies sur le coût du travail, les entreprises faisant appel aux travailleurs détachés peuvent être encore plus performantes sur les autres critères…

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